B Hamdi Dridi
 

« Actes et Sueurs » Hamdi Dridi

Cie Chantiers Publics

du 4 au 12 septembre

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Cie Chantiers Publics
Hamdi Dridi

En accueil Studio du 4 au 12 septembre 2019

ACTES ET SUEURS
Création 2020

Je danse et j’invite le reste à danser autour de moi.
 J’ai certainement peur du jour où je ne pourrai plus danser.

J’habitais le mont rouge, Tunis, aujourd’hui je suis nomade, entre des mondes et avec eux, mon corps est mon pays, je contiens mes/des souvenirs.
Je décide où/comment mon corps agit/réagit, devient sueur, avant que des temps autres s’emparent de cette décision, je suis au présent de cette sueur consentie, choisie.
La sueur est la porte d’entrée, l’espace du présent où les frontières disparaissent, entre moi et l’autre, moi et les autres et vice versa.
Ce corps peut transporter une nostalgie, le passé parfumé d’une peinture, comme il va se construisant comme artiste, découvrant avec la sueur, ses chemins. Je suis avec la course, je suis course.
Construire donne le dessin de ces chemins, je suis avec ce désir/cet objectif au plateau, comme en dehors de l’espace théâtral. Je suis ici, grâce à la femme de ménage qui m’a amené à cette vie, c’est heureux, chaque jour. Je tisse pas à pas au sens littéral l’organisation/le process de cette vie d’artiste, avec/au cœur du travail.
Je veux avec Actes et Sueurs, accentuer cette perception, la rendre présente, vivante, aux spectateurs, partagée comme outil d’abstraction et comme fiction ; secouer ce corps, faire vibrer cette pensée, déplacer des sensations, réveiller de l’humain.

Quels artistes nous sommes ? Quel artiste je suis ? 
Comment commencer et comment finir ? 
Comment être présent à travers l’absence des autres ?
 Comment être absent à travers la présence des autres ?
 Comment peut-on danser l’importance de l’individu à l’intérieur d’un groupe ? Comment peut-on danser l’importance d’un groupe autour d’un chaque individu ?
Comment être personnel et universel ? Dans mon pays, dans un autre pays … Avec des corps d’artistes et d’autres corps…
 Comment être avec l’autre, les autres ?

Je suis dans cet entre des mondes, et avec, je suis de cet espace du voyage, du déplacement entre les mondes. Avec toujours l’envie de danser et de faire danser les autres autour de moi.
 Ce partage s’inscrit dans le souhait de bâti d’une équipe, s’impose avec une nécessité de travailler à plusieurs.
Avec cette création, je continue le cheminement amorcé avec I LISTEN YOU SEE, que je transforme et renouvelle, par le choix des collaborations au projet, en soulevant encore et autrement, les questions de ce déplacement entre des mondes :
J’invite Eve (nom) à plonger dans le bain du travail, à travers le perceptif d’une autre culture, à Tunis, faire rencontrer ses propres questionnements avec le réel de cet autre pays, d’un autre pays. Expérimenter, explorer le champ des liens entre l’art et la vie. C’est un temps premier de partage et d’observation sur les métiers des ouvrières à Tunis. Observer et être au cœur.
Aller ensemble à travers ces perceptions, ces approches.
Eve mettra en œuvre une enquête dansante, dans la continuité de sa démarche, en occident et ailleurs.
Ainsi, à travers cet échange, nous abordons l’artisanal chorégraphique de la pièce.
Elle va saisir, puis témoigner des perceptions, impressions traversées, actes de son travail, qui vont dialoguer avec son vécu d’artiste ouvrière occidentale, d’origine Suisse, vivant en France.
L’ouvrière/er du monde, c’est une citoyenne/citoyen du monde, elle/il est nomade, dans son imaginaire, ses écritures, ses danses, ses actes, ses pays/territoires, ses frontières (s’ils en est). Nous tenterons de poser les lignes physiques de ces espaces mentaux/imaginaires/perçus dans cette pièce.
Nous constituons alors un duo, dans un espace mobile avec trois techniciens/créateurs.
 On va négocier, affirmer, manifester, danser, parler, manipuler, écouter, décider, …
C’est une sorte de miroir de la société, comme, une fiction qui invite le spectateur à regarder la vie comme un petit espace de performance qui se transforme en énergie physique, plastique, sonore.
Les spectateurs seront répartis autour de l’espace de mise en jeu, une quadri-frontalité, qui crée espace frontalier, espace limitrophe, espace de représentation.
Nous, à l’intérieur, réunis par vous, nous travaillerons, exploreront ces actes et cette sueur, avec nos états différents, conjoints, uniques, dissemblables, communs, d’être à ces matières au travail. Nous susciterons des zones de frottements, de frôlements, de rencontres, où nos actes deviendront complémentaires.
Lignes de fuites/lignes d’approches.
Quel transport, quels liens, qu’est ce qui doit être vu, qu’est ce qu’on accepte de rendre visible, qu’est ce qui est caché, qui est femme, homme, technicien, danseur/se, qu’est ce qui est dit, fait, accompli, défait, bâti, comment livrer le visuel de son corps au quotidien du travail ?
Les questions à l’œuvre, avec toujours cet aller-retour vers/avec les spectateurs, qui abondent de leurs réactions/actions cet espace du/au travail.
C’est une petite usine en marche, en évolution, en mouvement.
J’ai envie, dans la suite de I LISTEN YOU SEE, de poursuivre le travail sonore, qui sera base de proposition pour le créateur son invité, mettre en forme des matières/paysages sonores, qui laissent apparaître des parcelles de cet intime mien, d’auteur, de chorégraphe, de danseur, d’humain, des souches de matières sonores à écouter, entendre, traverser, qui soutiennent l’espace chorégraphique performatif que je cherche à développer.
Nous construisons ensemble une œuvre mobile, capable de désigner des questions du corps, de l’art, des liens au social, à l’humain, avec nos actes, nos vécus.
Je cherche ici à aboutir une recherche, pour épuiser la notion de chercheur et d’artiste, épuiser l’histoire de l’idée. Le corps du travailleur et de l’ouvrier en général sont pour moi source de mettre à l’œuvre l’espace chorégraphique, cheminant. Cela commence par un hommage à mon père, le peintre en bâtiment, pour aller vers cet hommage aux artistes, comme citoyens du monde.

ACTES ET SUEURS

Distribution :
Hamdi DRIDI : Chorégraphe et danseur
Eve Chariatte : Oeil extérieur, danseuse
William Petit : créateur lumière, performer
Pôm Bouvier B : compositrice de musique électro-acoustique
Christophe Zurlfuh : Ingénieur son

Concept, chorégraphie : Hamdi Dridi | Projet de création pour cinq travailleurs (artistes danseurs et artistes techniciens)

Production : Cie Chantiers Publics / Hamdi Dridi

Coproduction :
Bonlieu Scène Nationale Annecy, ICI — centre chorégraphique national Montpellier – Occitanie / Direction Christian Rizzo
VIADANSE – CCN de Bourgogne-Franche Comté à Belfort / Direction Hela Fattoumi et Éric Lamoureux
La Place de la Danse – CDCN Toulouse / Occitanie
La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, CNDC – Angers

Prêt de studio : Montpellier Danse – Agora, cité internationale de la danse

 

 

© Visuel Marie Oger